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Maladies aviaires (1)
Polyoma virus chez les oiseaux


Auteur: Céline Wandowska, oiselleriepapugi.com
Date: 2004/03/15
 

Je possède des perroquets depuis plus de dix ans. Ma passion pour les oiseaux m’a poussée à m’intéresser à tous les aspects qui les touchent de près et de loin. 

Voici donc la première d’une série de descriptions des différentes maladies rencontrées chez les oiseaux. Je ne suis pas vétérinaire. Je fais les descriptions au meilleur de mes connaissances et au fur et à mesure de mes découvertes qu’il me fait plaisir de partager ici avec vous. 

La source principale des informations que j’ai compilées sur la maladie du polyoma provient d’une publication du Dr Phalen : Polyoma, my thougths… C’est cet article qui m’a permis de mieux comprendre le comportement de ce virus. 
 

Polyoma virus chez les oiseaux
Anglais : Avian polyoma virus (apv)


Ce virus fait partie de la famille des Papoviridae: polyoma/papilloma et fait des ravages particulièrement chez les jeunes oisillons. C’est une maladie qui ne se transmet pas à l’humain.Il y a un concept important à saisir avec cette maladie :
Infection n’est pas synonyme d’affection (maladie)  
Les oiseaux peuvent être infectés sans être malades et passer le virus pendant un certain temps dans leurs fientes. La période pendant laquelle le virus est passé dans les fientes varie selon l’âge et l’espèce de l’oiseau.

L’infection chez les jeunes

Symptômes

  • souvent absents, ensuite mort subite;

  • si présents, précèdent la mort de quelques heures;

  • chez les bébés, le jabot se vide plus lentement, l’abdomen est distendu, faiblesse, pâleur générale, hématomes (bleus) sous la peau, urates jaunes et, si on arrache une plume 24h avant la mort, elle saigne abondamment;

  • les symptômes varient selon l’âge, l’espèce, l’état immunitaire de l’oiseau et s’il est infecté par le PBFD (circovirus causant la maladie du bec et plumes des psittacidés).


L’infection chez l’adulte

Selon le Dr Phalen, 99.9% des infections par le APV sont asymptomatiques, c’est-à-dire que l’oiseau est infecté par le virus, mais ne présente aucun symptôme de maladie. Un oiseau qui est infecté peut passer le virus dans ses fientes un certain temps, mais paraître en santé.

Le 0,1% des oiseaux adultes qui sont infectés et qui développent la maladie sont très probablement infectés aussi par le PBFD qui affaiblit leur système immunitaire (système naturel de défense de l’organisme). Selon le Dr Phalen, dans chaque épidémie de polyomavirus impliquant les adultes, il y avait du PBFD.

Les survivants jeunes et adultes développent des anticorps contre le virus. Les infections asymptomatiques chez les adultes et les jeunes sont fréquentes. Ces oiseaux peuvent, soit se débarrasser du virus soit devenir porteurs. Ce sont ces porteurs qui deviennent une source de contamination lors des contacts avec d’autres oiseaux.

Routes de transmission du virus

  • Parents porteurs

  • Plumes

  • Excréments

  • Excrétions du jabot

  • Sur les vêtements du soignant, etc.

  • Bassin de contamination : perruches ondulées

 

APV chez la perruche ondulée

Les bébés 10-25 jours meurent; le 1er signe d’APV est la mortalité dans le nid.

Symptômes chez les bébés perruches ondulées :

  • certains survivent sans symptômes;

  • retard ou absence dans le développement des plumes primaires et secondaires et de la queue (runners, creepers);

  • attaque parfois le cervelet (tremblements de la tête);

  • l’autopsie révèle un sous-développement, une décoloration de la peau, un abdomen distendu et plein de liquide, un foie hypertrophié avec nécrose et plaques hémorragiques;

  • toutes les perruches ne seront pas nécessairement contaminées. Il y a des perruches qui restent saines à côté d’oiseaux qui passent le virus;

  • les perruches anglaises pourraient avoir une certaine résistance contrairement aux perruches américaines;

  • les pires épidémies se sont déclarées dans les élevages commerciaux américains comprenant des dizaines ou des centaines d’oiseaux et où la mortalité approchait 100% lorsque le virus venait d’être introduit pour la 1efois;

  • ensuite, en absence de traitement, la mortalité diminue, mais la reproduction reste faible;

  • les survivants passent le virus dans les fientes et dans les poussières de peau et plumes jusqu’à l’âge de six mois;

  • les jeunes survivants sont une source de contamination pour d’autres oiseaux dans les élevages, les expositions, les animaleries, etc.  

 

APV chez les éclectus

lorsqu’ils sont infectés à 14 semaines ou moins, ils meurent du polyoma.

 

APV chez les cacatoès

  • ils semblent résister à ce virus;

  • ni les adultes ni les bébés ne semblent développer la maladie;

  • une étude montre que les bébés cacatoès à huppe citron et les bébés du cacatoès blanc (umbrella) exposés à l’âge de 3 semaines et moins développent des plumes anormales, ont des signes passagers de maladie, mais récupèrent avec des traitements;

  • les plus vieux cacatoès sont infectés, mais restent asymptomatiques; ils passent le virus pendant 8 à 10 semaines;

  • le virus sera détecté dans le sang juste avant que la période de passage du virus dans les fientes cesse;

  • la détection du virus dans le cloaque ne sera pas toujours positive et lorsque positive, deviendra négative par la suite.

 

APV chez les conures

  • la plupart des bébés de six semaines en meurent;

  • chez ceux qui ont plus de six semaines, l’infection n’est pas apparente, ils dégagent le virus pendant 4 à 8 semaines et certains même jusqu’à16 semaines. 

 

APV chez les aras

  • ils sont susceptibles au virus jusqu’à l’âge de 14 semaines; après, l’infection n’est pas apparente;

  • le maximum de mortalité se situe chez les bébés entre 4 à 8 semaines;

  • ceux infectés sans symptômes seront positifs dans le sang et le cloaque;

  • deux aras bleu et jaune ont survécu, mais ont dégagé le virus pendant 14 semaines;

  • deux aras à front rouge l’ont dégagé pendant 10 semaines;

  • des adultes aras bleu et jaune et un ara hyacinthe l’ont dégagé pendant 6 semaines;

  • les bébés sont devenus négatifs dans le sang d’abord ensuite dans le cloaque.

 

APV chez les agapornis (inséparables)

  • ils peuvent être infectés jusqu’à l’âge d’un an;

  • cette sensibilité pourrait signifier qu’ils sont aussi infectés par le PBFD.

 

APV chez les caïques

  • il y a mortalité chez les adultes lorsque infectés;

  • il y a aussi possibilité que cette susceptibilité soit due à une infection par le PBFD.

 

AVP chez les canaris

Ce virus fait également des ravages chez les canaris. Il semblerait qu’il soit rare mais je soupçonne plutôt que les épidémies parmi les canaris ne sont pas officiellement déclarées.

  • Souvent il va frapper au moment de la reproduction. Les oisillons meurent, la femelle meurt en couvant. Lorsque la mort est rapide, il n’y a pratiquement pas de symptômes. 

  • Chez les survivants avant qu’ils ne décèdent, les symptômes sont des problèmes neurologiques : tête renversée en arrière, tremblements, difficultés à se percher, etc. 

N.B. La maladie a aussi été observée chez les pinsons, incluant les diamants de Gould.

 

La vaccination contre le APV

Selon le Dr Phalen, il semble que les perroquets adultes contractent rarement la maladie. Selon lui, la vaccination des adultes serait donc inutile dans la mesure où tous les adultes faisant partie de son groupe ont testé négatifs et que ces oiseaux n’ont pas et n’auront jamais de contact direct ou indirect avec des sources potentielles de polyomavirus.

Par contre, si l’oiseau doit être exposé à une source potentielle de contamination comme par exemple lors d’une exposition d’oiseaux, la vaccination est recommandée. La protection de l’oiseau adulte sera bonne si on le vaccine 4 semaines avant qu’il ne soit exposé. L’oiseau doit donc recevoir un premier vaccin 4 à 6 semaines avant une exposition potentielle au virus et recevoir son rappel 2 semaines avant cette exposition.

N. B. Les recherches dans ce domaine évoluent rapidement. Pour accéder aux plus récentes découvertes sur ce sujet, renseignez-vous auprès de votre vétérinaire.

 

La vaccination

Heureusement, un vaccin peu coûteux a été développé. Il est disponible aux États-Unis depuis dix ans. Au Canada, il est utilisé par plusieurs vétérinaires aviaires. Ce vaccin n’est pas homologué au Canada et un permis d’Agriculture Canada est nécessaire pour procéder à son administration. Ce vaccin offre une bonne protection et possède très peu d’effets secondaires pour les oiseaux.

 

Au Québec…

Dieu merci, la vaccination contre le polyomavirus, bien que plusieurs années en retard sur le reste du continent nord-américain, semble commencer chez nous. N’hésitez pas à discuter de la vaccination pour le polyomavirus avec votre vétérinaire, car dans certaines situations, la vie de vos oiseaux en dépend. 

 

Stratégies de vaccination d’un élevage

Afin de protéger un élevage, il faut vacciner deux groupes d’oiseaux : les couples reproducteurs et les jeunes avant qu’ils ne quittent l’oisellerie.L’oiseau qui risque sa vie est le jeune qui quitte votre élevage et qui a été testé négatif pour le polyoma. Il devrait être vacciné s’il est destiné à une animalerie ou un autre endroit où il y a une collection d’oiseaux.  

 

Test par ADN

Il existe un test qui détecte la présence du virus dans le sang. On prélève une goutte de sang, des fientes et une plume. Deux laboratoires au Canada et d’autres aux États-Unis pratiquent ces tests à peu de frais. 

 

Comment introduire le polyoma dans votre élevage

La meilleure façon pour introduire le virus de polyoma dans votre élevage est :

  • Ne pas faire la quarantaine;

  • Ajouter des oiseaux non testés et non vaccinés dans votre élevage;

  • Permettre aux visiteurs d’entrer dans vos salles d’élevage;

  • Retourner un oisillon ou introduire un oiseau adulte qui a été en contact avec d’autres oiseaux dans votre pouponnière;

  • Introduire des oisillons provenant d’autres éleveurs dans votre pouponnière;

  • Revenir chez vous après une visite dans d’autres endroits (élevage, animaleries, amis) sans précautions, sans désinfection.

Conseil d’un vétérinaire aviaire : «Faites le contraire et vous n’aurez pas de misère!» 

 

Désinfection

Ce virus n’a pas une grande longévité, mais il est résistant à différents produits.En voici deux auxquels il ne résiste pas : l’Oxyfresh et l’eau de javel. L’Oxyfresh est un produit sans danger pour les oiseaux. Vous pouvez l’obtenir dans certaines cliniques vétérinaires ou faire une recherche sur Internet pour un distributeur au Canada.

 

Mon résumé

Il est très clair qu’un oisillon affecté par le polyoma a toutes les chances d’en mourir et d’en infecter d’autres. Il est clair aussi que cette maladie est très répandue dans tous les endroits où il y a un grand va-et-vient d’oiseaux : les animaleries grandes et petites, les élevages grands et petits, les refuges, les expositions, etc. Personne n’est à l’abri.

Je pense que la meilleure stratégie de protection pour nos oiseaux se résume à:

  • Faire une quarantaine d’au moins 90 jours et de préférence de plusieurs mois et tester tout nouvel oiseau (ou un oiseau qui est sorti de l’élevage et qui y revient) avant de l’introduire dans un élevage.

  • Exiger que le test par ADN pour polyoma devienne une condition lors de l’achat de l’oiseau.

  • Planifier à long terme afin d’avoir un élevage fermé.

  • Demander la vaccination auprès de nos vétérinaires en attendant d’en apprendre plus sur ce virus insidieux et la manière dont il affecte les différentes espèces. 
     

À retenir

  • On ne devrait jamais exposer les conures, éclectus, cacatoès, aras et autres psittacidés aux oiseaux provenant d’autres élevages avant l’âge de 4 mois

  • On ne devrait jamais avoir un élevage mixte de perruches ondulées ou agapornis avec d’autres psittacidés. 

  • On ne devrait vacciner tout oisillon destiné à une animalerie

 

Attention!

Que faire lorsque votre oiseau a testé positif pour le polyoma?

  • N’euthanasiez jamais l’oiseau sur la foi d’un seul résultat positif; les erreurs de laboratoires, échantillons contaminés, etc. sont plus nombreux qu’on croit.

  • Faites tester le (s) même (s) échantillon dans un autre laboratoire pour une confirmation de diagnostic.

  • Vous pouvez aussi  soumettre deux échantillons à deux laboratoires différents et comparer le résultat obtenu.

  • Si l'oiseau teste positif à un premier test d'ADN et ne présente pas de symptômes, gardez-le en quarantaine et testez-le à nouveau dans 90 jours. Un adulte infecté peut très bien éliminer le virus.

  • Si l'oiseau teste positif pour une deuxième fois 90 jours plus tard, il doit être considéré comme un porteur asymptomatique et ne doit pas entrer dans l'élevage.

  • Prudence oblige : dans une étude, 3 écouvillons cloacaux pris à 6 mois d'intervalle ont été nécessaires pour identifier tous les oiseaux qui passent le virus dans leurs selles de façon intermittente (porteurs asymptomatiques)

  • Vérifiez la procédure auprès de votre vétérinaire aviaire.
     

Mes remerciements à Danielle Odulinski de l’oisellerie Bobek et Dre Isabelle Langlois, mv, Dipl. ABVP (Pratique aviaire) pour la correction et la révision de ce texte. Vous pouvez contacter Dre Langlois à l’Hôpital Vétérinaire Venne & Bégin.

 

Bon compagnonnage
C.W. 2003 papugi.tripod.com  

 
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