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Histoire de l'AEOM
Cette narration n'a pas pour but principal de retracer dans ses moindres détails, tous les
événements qui sont associés à la fondation et à l'existence de l'Association des Éleveurs d'Oiseaux de Montréal, depuis sa fondation en 1982 jusqu'à aujourd'hui, plus précisément en 1997
(Cet article fut commandé à M. Vigier à la fin de son dernier mandat comme président de l'AEOM)
Pour ce faire je vais faire appel à ma mémoire uniquement, car je ne crois pas qu'il existe d'écrits sur lesquels on puisse trouver certains faits qui on marqué les quinze dernières années de
l'Association. Je me limiterai donc à décrire pourquoi et comment fut fondée l'AEOM, ceux qui furent ses différents présidents, les lieux
d'expositions et les événements les plus importants dont je me souviens et qui ont
participé à faire ce que l'AEOM est aujourd'hui.
Jusqu'à la fin des années 1970 il n'existait à Montréal qu'une seule association ornithologique, fondée vers la fin des années
50, laquelle association bilingue englobait tout, canaris et exotiques. Le club de canaris CAOM (Club d'Amateurs d'Oiseaux de
Montréal) tout comme les autres à leur tour, ont connu des jours moins heureux
vers la fin des années 70. Quelques membres parmi les moins satisfaits, entre autres, par des décisions du comité en fonction, décidèrent de fonder une nouvelle association à Montréal. Ce nouveau groupe du nom de AOM (Association Ornithologique de Montréal) avait son siège social dans les locaux du Jardin Botanique.
Après une période relativement courte, un autre mouvement sécessionniste s'est
créé à l'intérieur de l'AOM et a pris suffisamment d'importance pour qu'une nouvelle scission se
produise et fasse en sorte qu'un nouveau groupe quitte l'AOM pour se diriger vers le centre Saint-Mathieu et
fonde l'AEOM en 1982. Les raisons de cette scission ont pris quelque temps avant
de s'oublier et les rapports n'ont pas toujours été des plus cordiaux. Ainsi,
à partir d'une seule association vieille de vingt ans, Montréal s'est
retrouvée avec trois nouveaux regroupements en l'espace de quelques mois.
C'est à la demande de quelques membres du comité actuel que j'ai accepté de faire l'historique de l'AEOM tel que je l'ai connu au cours de ces années. Peut-être que les pionniers de notre
Association tels que Mmes Claudette Migneault, Rose Ruel, Mrs Léo Saint-Onge,
Félicien Messier, Carlo Hyrat, Guy Grégoire et Mme Alix Evrard, mon épouse et moi-même, avons en mémoire des souvenirs, issus de ces longues années qui pourraient alimenter cette chromique au point d'en remplir des pages.
C'est donc en 1982 que l'AEOM voit officiellement le jour sous la direction de son premier président et également l'un de ses fondateurs
M. Guy Grégoire qui a vu aux destinées de l'Association pendant ses deux premières années. Dès la première année, une exposition
a été organisée et a eu lieu au Jardin Botanique. Elle a connu un succès encourageant au point que plusieurs milliers de visiteurs
ont franchi les tourniquets durant le long congé de l'Action de Grâce. Si cet
événement a été excellent au point de vue publicité, il n'en a pas été de même
du côté financier, la ville de Montréal conservant la totalité du montant des entrées.
En 1983, toujours sous la présidence de M. Guy Grégoire, l'exposition a eu lieu encore au Jardin Botanique avec toujours le même succès.
L'année suivante, soit en 1984, M. Grégoire cède son poste de président à Mme Rivard. Cette année-là n’est pas la plus calme de notre histoire : Mme Rivard démissionne au cours de son terme, remplacée par Mme Maryse Hannus pour le reste du terme; l'exposition annuelle a lieu encore au Jardin botanique.
À partir de 1985, l'année de mes débuts dans le comité, les détails sont beaucoup plus nombreux puisque je les ai vécus au fur et à mesure qu'ils se sont manifestés. La présidence a été acceptée par Mme Lucie Sisa, bien connue dans le milieu ornithologique, autant au Québec que dans le reste du pays. C’est donc en 1985, et à la demande de je ne sais qui, que l'AEOM s'est vu confier la responsabilité d'organiser l'exposition nationale (AACC). L'organisation par elle-même est un travail de tous les instants, mais ce qui complique sa réalisation c’est surtout le manque de fonds. Je vous ferai grâce de ce dont nous disposions au point de vue financier ainsi que de la valeur des récompenses distribuées. Pour mettre un peu de piquant à toute l'affaire, environ deux mois avant l'événement, six membres du comité démissionnent, des propos peu flatteurs ayant été échangés entre quelques membres de l'exécutif. Quelques-uns acceptent de rester et les autres sont remplacés. C'est ainsi que M. Éric Sisa accepte de remplir les fonctions de secrétaire pour terminer l'année. Je dirais même que c'est grâce à ses connaissances en informatique qui, à cette époque-là, n'étaient pas ce qu'elles sont aujourd'hui, que l'AEOM a pu sauver les meubles. L'exposition a eu lieu comme prévu, au Jardin botanique, avec les moyens dont nous disposions… et l'honneur était sauf. L'assemblée générale suivante a été des plus étranges : seul rescapé de tout le comité, j’ai présenté les rapports de la présidente et de la trésorière. Cette expérience reste dans la mémoire de tous ceux qui ont participé, de près ou de loin, à l’organisation de l’exposition nationale.
Mais comme la vie continue, il s'en est trouvé d'autres qui ont accepté de poursuivre et c'est ainsi que les années suivantes ont connu le calme avec le retour de M. Guy Grégoire comme président, peut-être avec moins d'adhérents, mais de très bons éleveurs, et les expositions au Parc Angrignon en 1986, au Centre Claude-Robillard en 1987 puis au Centre Pierre Charbonneau en 1988 ont apporté un certain renouveau puisque les deux principaux clubs de Montréal se sont entendus pour faire de ces expositions un événement beaucoup plus complet. C'est depuis ces années-là que les deux clubs coopèrent et c'est beaucoup mieux ainsi.
En 1989, M. Yves Raymond prend le gouvernail, après trois années de présidence de M. Grégoire. Cette année-là, l'AEOM n'organise pas d'exposition, vu que l'Association Ornithologique de Montréal s'est vu confier la responsabilité d'organiser la nationale (AACC). Cette fois-ci, l'expérience tourne mal, même si l'exposition se tient, tel que prévu Place Guy- Favreau, à Montréal. Les suites de cette exposition sont moins heureuses pour l'AEOM puisqu'elle disparaît, engloutie par les coûts de l'exposition auxquels elle ne peut faire face. C’est à partir de là, je crois, que commence une certaine spécialisation des deux clubs, l'un regroupant les éleveurs de canaris, l'autre les exotiques, du moins en ce qui concerne leur principale activité d'élevage. D'après la liste des membres de l'AEOM de 1985, 58% des membres déclaraient posséder des canaris. Je dirais donc que c’est au cours de ces années que les deux clubs se spécialisent, chacun dans son domaine respectif. Donc, sous la deuxième année de présidence de M. Yves Raymond, en 1990, une seule exposition commune des deux clubs se tient pour la première fois au Centre Saint-Mathieu. Pour illustrer les changements dans les préférences d'élevage, en 1990, environ 20% de becs droits et 80% de becs crochus sont présentés à l'exposition; cinq ou six ans plus tard, ces pourcentage sont presque inversés; les préférences changent rapidement.
En 1991, après deux années de présidence de M. Yves Raymond qui est aussi le conférencier d’office de l’Association, j'accepte à mon tour de prendre la relève. Cette année-là, l'exposition se déplace à Laval, avec le club de canaris. La salle mise à notre disposition se prêtait merveilleusement bien à ce genre d'événement permettant de mettre en valeur les magnifiques couleurs des oiseaux.
1992 marque le début d'un projet qui tient encore : Mme Carmen Morissette propose de faire circuler un feuillet pour les membres de l'Association, dans le but de les informer et, au besoin, de les conseiller. L'idée, qui parut farfelue aux yeux de certains, me laissa entrevoir une excellente possibilité de communication à l'intérieur de notre groupe. C'est ainsi que naquit le premier numéro de La Becquée et, même s’il n'avait pas l'apparence qu'il a aujourd'hui, il n'en était pas moins apprécié. N'oublions pas que les moyens dont nous disposions alors, étaient différents de ceux qu'on retrouve actuellement. Mais qu'importe, le départ était donné. Son importance et sa popularité ont fait que l'Association a connu un afflux de membres permettant à l'AEOM de franchir le cap de la centaine, nombre qui se maintient depuis cette époque. Cette année 1992 l'exposition annuelle à Laval a repris conjointement avec le club de canaris et, pour la première fois, nous faisions appel à un juge international en la personne de M. Jacques Faivre pour juger les exotiques au système de pointage. M. Faivre est un personnage très connu et respecté de la Confédération Ornithologique Mondiale (COM) dont il est également le président-adjoint. Il est aussi membre de plusieurs organisations nationales et internationales d'ornithologie. Pour la première fois, nous avions un jugement aux points tel que reconnu par la COM.
En 1993, l'AEOM fait ses premiers pas vers une reconnaissance internationale par une demande officielle auprès de la COM pour représenter le Canada au sein de cet organisme qui incorpore plus de trente pays. L'acceptation a été officiellement ratifiée lors du Mondial de Bocholt, en Allemagne, en février 1993. L'exposition de 1993 a bénéficié des services d’un des juges les plus respectés dans le domaine des exotiques, en la personne de M. Michel Liano. Cette dernière exposition s’est tenue au Centre Saint-Mathieu, faute de pouvoir disposer de la salle que nous occupions les deux années précédentes à Laval.
1994, c’est l’année du changement de direction. Après avoir présidé aux destinées de l'AEOM pendant près de quatre ans, j’ai décidé de céder mon poste à quelqu'un d'autre, ce qui fut fait fin juin. C'est ainsi que M. Daniel Talbot accède au poste de président; il organise l’exposition annuelle, avec le club de canaris, dans le sous-sol d'une église : Église Sainte-Louise-de-Marillac, si mes souvenirs sont bons…près du métro Honoré-Beaugrand. Cette fois-ci, la juge invitée est Mme Annie Eichmann, juge de la COM, une autorité reconnue au niveau mondial en ce qui a trait aux standards concernant certains exotiques dont les mandarins et les moineaux du Japon.
En 1995, l'AEOM continue ses activités sous la présidence de M. Daniel Talbot et l'exposition d'automne effectue un retour au centre Saint-Mathieu, sous le jugement de M. Vince Moase d'Oshawa (Ontario). Une certaine confusion a été alors ressentie par nos membres parce que notre exposition s’est tenue le même jour que celle du club de canaris, mais à deux endroits différents.
En 1996, après avoir contrôlé quelques problèmes de santé, j’ai décidé de faire un retour dont j'aurai dû m’abstenir. L'unité qui régnait au sein du comité durant mes précédents termes n'y était plus et j’ai trouvé l'année passablement longue. L'exposition a eu lieu encore une fois au Centre Saint-Mathieu avec le retour de Mme Eichmann comme juge. Au terme de cette année 1996, je me suis retiré entièrement de la direction, cédant le gouvernail à M. Serge Paquet.
Je n'irai pas plus loin dans cet historique de l'AEOM; il reviendra à d’autres d’écrire sa suite. Certains pourraient croire que cette narration de l'histoire de l'AEOM est aussi un peu la mienne. C'est sans doute le fait d'avoir été impliqué pendant plus de dix ans dans les quinze années d'existence de l'Association et que j'ai toujours suivi ses moindres mouvements. Pour ceux que le passé de l'AEOM intéresse, je crois qu'ils trouveront ici les principaux faits qui ont marqué l'Association et qui l'ont conduite à ce qu'elle est aujourd'hui. Ces quinze années ont été parfois pénibles, souvent agréables, avec des hauts et des bas comme il en existe partout. Puissent les années à venir faire en sorte que ceux à qui revient le devoir de maintenir le but primordial de l'Association, c'est-à-dire de contribuer à perpétuer l'essor que nous avons connu au fil des années et de continuer dans la bonne direction, trouvent le courage, l’énergie et la passion pour le faire.
André Vigier
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